À retenir
- Un enfant dispose en principe d’un abattement de 100 000 € par parent ; des donations antérieures peuvent l’avoir consommé.
- Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont exonérés de droits, mais l’exonération ne crée pas à elle seule un droit à hériter.
- Le barème s’applique par tranches, après abattement.
- L’ensemble de la succession compte, pas uniquement la maison.
Avancer dans le bon ordre
Identifier ce qui entre dans la succession
Regroupez les biens, les dettes et les actes. Si le défunt était marié, le régime matrimonial doit être liquidé avant de déterminer le patrimoine transmis.
Évaluer puis répartir
La valeur immobilière est celle du marché au jour du décès. Le notaire établit ensuite les droits de chaque héritier : être deux enfants ne signifie pas toujours recevoir chacun la moitié.
Vérifier l’abattement disponible
Rassemblez les donations et leurs déclarations. Le rappel fiscal des donations des quinze dernières années peut modifier l’abattement et les tranches disponibles.
Appliquer le barème et prévoir le paiement
Demandez un décompte séparant droits de succession, actes et autres frais, avec l’échéance correspondante.
Tableau pratique
| Part nette taxable en ligne directe, après abattement | Taux de la tranche |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Exemple : une maison de 300 000 € pour deux enfants
Hypothèses : le défunt possédait seul la maison en pleine propriété ; il laisse deux enfants à parts égales, sans conjoint survivant, autre actif, dette, donation antérieure ni abattement particulier. Chacun reçoit 150 000 €. Après son abattement de 100 000 €, la base taxable est de 50 000 €.
Calcul pour chaque enfant : 8 072 × 5 % + 4 037 × 10 % + 3 823 × 15 % + 34 068 × 20 % = 8 194,35 €. Soit environ 8 194 € chacun après arrondi, hors frais. Ce scénario pédagogique isole la maison : une succession réelle peut notamment inclure le mobilier.
Les situations qui changent le résultat
Un usufruit, un testament, une représentation successorale, des donations ou un héritage international nécessitent un calcul adapté. L’abattement de 20 % sur la résidence principale du défunt est soumis à des conditions d’occupation au jour du décès ; il ne concerne pas toutes les maisons héritées.
Les questions à apporter au notaire
Demandez quelle part vous recevez réellement, quel abattement reste disponible, quelle valeur est retenue et quelles dettes sont déductibles. Faites préciser si une déclaration reste nécessaire lorsque les droits calculés sont nuls.
Questions fréquentes
Dois-je payer 20 % sur toute la maison ?
Non. En ligne directe, les taux s’appliquent successivement aux tranches de votre part taxable après abattement.
Si je n’ai pas de droits à payer, le notaire est-il gratuit ?
Non. Une exonération fiscale n’efface pas les frais des actes et formalités liés à la succession immobilière.
L’abattement de 100 000 € concerne-t-il tous les héritiers ?
Non. Il concerne notamment les enfants et les parents. Les autres liens de parenté ont des règles différentes.
Sources vérifiées
- Calcul des droits de successionDGFiP — impots.gouv.fr · consulté le 5 octobre 2026
- Évaluation de la succession et calcul des droitsService Public — DILA · consulté le 5 octobre 2026
- Déclaration de succession : obligation et délaisDGFiP — impots.gouv.fr · consulté le 5 octobre 2026